Faut pas abuser non plus

Une vie saine… mais pas trop…


Faire attention à ce que l’on mange, faire du sport, ne pas fumer, ne pas boire, dormir correctement, bref, vivre sainement, c’est bien. Un esprit sain dans un corps sain. Tout le monde en parle et tout le monde sait que c’est l’idéal.

Sauf que… ce n’est pas si idéal que ça.
Je ne dis pas qu’il faut vivre comme un goret, se goinfrer de toute la malbouffe industrielle vautré sur le canapé toute la journée devant la télé en descendant bières après bières et en fumant de gros pétards.
Non. Je dis que comme tout, il faut trouver un équilibre. Les extrêmes, que ce soit d’un côté ou d’un autre, ne sont jamais bons.

J’ai rencontré il y a quelques mois une dame de 46 ans atteinte d’un cancer des poumons fulgurant. Elle est morte en 3 mois. Cette personne était une « intégriste » de la vie saine: nourriture uniquement bio, jamais d’alcool ou de tabac, du sport tous les jours, jamais d’excès.
Il peut y avoir un facteur environnemental ou psychologique à ce cancer, c’est vrai.
Mais des histoires comme cela il y en a un paquet.

A côté de ça, il y en a qui se descendent 3 litres de vin par jour, qui fument 1 paquet de cigarettes par jour, qui ne font attention à rien, et qui vivent 95 ans et meurent de vieillesse, tranquillement dans leur sommeil. Des histoires comme ça aussi il y en a un paquet.

Alors je répète que c’est vrai, il y a un tas d’autres facteurs a prendre en compte que le style de vie.
Pourtant, je suis certaine que cela joue un peu. Ces exemples sont excessifs mais donnent à réfléchir.

Faut pas abuser non plus

Faut pas abuser non plus

Trop de protection peut-être à double tranchant

Lorsque j’étais enfant, j’habitais à la campagne, sans télévision, sans nourriture industrielle et sans bonbons.
Je passais ma vie dehors par tous les temps, les chiens m’accompagnaient au bus de l’école, ma maman me fabriquait elle-même les pâtes de fruits en guise de douceurs et j’adorais manger le poisson que je péchais avec ma canne bambou.
On pourrait croire que j’ai 80 ans vu mon enfance. J’en ai 34.

Pourquoi je vous raconte ça?
Simplement pour vous montrer que j’ai eu une enfance que je qualifierais de très saine.

Mais cela  a eu des revers. Rien de dramatique bien sûr, mais tout de même, j’ai vécu par la suite une sorte de besoin de satisfaire une frustration (plusieurs en fait).

Vers mes 11 ans j’ai déménagé en ville. Toujours pas de télé, mais le reste… Ma maman n’a pu me protéger bien longtemps.

J’ai découvert le coca et les bonbons industriels pour mes 12 ans. Il n’en rentrait jamais à la maison. Mais l’école, les promenades en villes, les pubs des magasins m’ont bien cultivées sur le sujet.
Étant donné que j’avais de l’argent de poche, je m’achetais mes propres cochonneries. Mes parents ne le savaient même pas.
En quelques mois, je me suis retrouvée littéralement accro aux bonbons, au sucre. Une horreur.
Toute cette vie sans cochonneries balayée en quelques mois. Dommage.

Lorsque je me suis installée dans mon 1er appartement, je me suis trouvée un télé.
Devinez ce qui s’est passé? Je passais tout mon temps devant jusque très tard le soir. Je ne faisais que ça.

C’était comme si j’essayais de rattraper un temps perdu. Je ne sais pas. Aujourd’hui je trouve cela idiot (même sur le moment d’ailleurs) mais je ne pouvais pas m’en empêcher. Comme si j’étais envoutée.

Parfois je me dis que si mes parents m’avais moins protégé par rapport à tout cela, qu’ils m’avaient simplement fait découvrir en m’apprenant à « gérer », cela aurait pu être évité.

Bien sûr ce ne sont que des exemples mais ils peuvent s’appliquer à beaucoup de choses.
Dans notre société de consommation, où nous sommes harcelés de pubs de partout qui nous poussent à consommer toujours plus, il me semble qu’il est judicieux d’apprendre à consommer intelligemment. Ainsi, nous ne nous retrouvons pas frustrés. Il faut se laisser la possibilité d’en profiter un peu, sans en abuser.

Ça, c’est pour le côté psychologique.

Les frustrations nocives pour la santé

Difficile à imaginer?
Pas tant que ça. Souvenez-vous (ou peut-être que ça vous arrive encore), lorsque vous faisiez des nuits blanches. Vous ne dormiez pas parce que vous vous amusiez. Rappelez-vous les magnifiques levés de soleil, le sentiment de liberté dans des moments pareils. Vous n’allez pas me dire que ça ne fait pas un bien fou de temps en temps. Vous ne pensez pas que la détente, les souvenirs, les bons moments entre amis et la joie que cela procure n’est pas primordial dans une vie?

nourriture saine

nourriture saine

Autre chose. La nourriture.
Vous savez comme manger sain est important. C’est dommage d’en parler d’ailleurs car cela devrait être naturel de bien manger. Merci les industriels.
Bref, les publicitaires savent bien créer le besoin et entretenir la frustration chez nous pour nous pousser toujours plus à la consommation. Même si l’on se met à l’abri en évitant la télé, on n’y échappe pas à l’extérieur.
Donc, certains arrivent très bien à lutter contre la tentation, et d’autres ont plus de mal. Moi, par exemple, j’ai encore du mal. Mais j’ai trouvé des alternatives pour me faire plaisir sans trop de dangers. Par exemple, le sucre. J’ai vraiment du mal à me débarrasser du sucre. Et dieu sait combien c’est mauvais pour la santé. Mais que c’est bon! Alors j’évite d’acheter des sucreries, gâteaux et autres cochonneries.

Quand j’ai vraiment envie de sucré, et bien je le fais moi-même. Avec de bons produits frais. Je fais même mes bonbons moi-même, c’est très facile et rapide, il y a pleins de recettes sur internet (comme celle-là par exemple: recette de sucettes à la fraise)

Et puis exceptionnellement, cela ne fait pas de mal de céder à la tentation. Je pense que cela fait moins de mal que de se torturer à y résister. Surtout lorsque l’on ne culpabilise pas de se faire plaisir.

Ça aussi ça me tue. Culpabiliser de se faire plaisir… y’a comme un truc qui sonne faux (y’aurait-il des influences judéo-chrétiennes là-dedans?).

Vous l’aurez compris, je suis certaine que les bienfaits (libération d’hormones du plaisir par exemple) apportés par les écarts sont largement meilleurs que les luttes incessantes sous prétexte de « bonne santé ».

Et si cela nous aidait à avancer

Sincèrement, vous y croyez vous au 100% bio? Sans pesticides, sans désherbants et sans produits chimiques? Vos produits bio, vous avez vu d’où ils viennent pour la plupart? Savez-vous que la France ne contrôle quasiment aucun producteur étranger avant de lui octroyer le label bio, ce n’est qu’une histoire de papiers?
Et même si vous ne visez que du local, vous croyez que l’eau qui arrose les productions est vierge de tout produit avec la pollution générale? Vous saviez que dans le bio il y a une tolérance de 0,9% d’OGM?

Il n’y a pas besoin d’être un grand spécialiste pour s’apercevoir qu’il y a un soucis.

Mais, ce n’est pas une raison pour en rajouter. Il est donc important de continuer à valoriser les filières courtes et les plus naturelles possibles.

Là où je veux en venir?
C’est simple, la pollution nous entoure où que nous soyons et quoi que nous fassions. On la subit qu’on le veuille ou non (dans l’eau, la pluie, l’air, etc.).
Et vouloir l’éviter par tout les moyens peut avoir un effet « fragilisant ».

Vaccin

Vaccin

Vous savez, c’est un peu comme mettre en contact les enfants en bas âge avec des animaux ou des poussières pour leur éviter d’être allergique.
Alors manger un truc pas très sain de temps en temps, c’est un peu comme un vaccin. Ça aide à s’habituer et à s’adapter à l’environnement.
C’est aussi un peu comme la radioactivité. Le corps à une grande faculté d’adaptation. Vous saviez que si on ramenait un homme d’il y a 100 ans aujourd’hui, il mourrait à cause de la radioactivité?

Sortir de sa zone de confort

Et oui, c’est cela aussi sortir de sa zone de confort.
Avoir une vie saine ne veut pas dire se priver de tout et devenir un véritable « intégriste » du sain. Cela veut dire trouver un juste équilibre qui permet de se faire plaisir et de faire de temps en temps des choses qui sortent de l’ordinaire.
Sinon comment vivre une vie passionnante?

Et en plus, cela stimule le cerveau avec toutes les conséquences que cela amène. Ça secoue un peu les neurones pour leur plus grand bien.
Secouer les cellules de notre corps aussi est bénéfique. Ça les « réveille » en quelque sorte et les stimule.

C’est comme avec les enfants, trop de rigidité c’est pas bon et trop de laisser-aller non plus. Le juste milieu sans jamais culpabiliser.

 


A propos de Jennifer

Jennifer passe son temps à rechercher des moyens d'améliorer le monde... Passionnée d'art, de neurosciences, d'éducation et de l'être humain en général, elle anime un blog sur l'éducation positive et un autre sur l'art tibétain (Tangkas). Elle est toujours prête à partager ses expériences avec les autres pour aller encore plus loin.

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